La French-touch d’Aurélie Guillerey

© Aurélie Guillerey

Aurélie Guillerey rejoint l’équipe de l’Atelier A3 pour parrainer avec Rémi Saillard la première édition 2019 du Concours d’albums illustrés.

Comment tricotes-tu un personnage ?
Mes personnages naissent dans mes carnets de croquis. Ils sont ma documentation première…

… C’est en croquant les scènes de mon quotidien, les enfants, mes copines, selon mon humeur et mon envie, hors de mes commandes, que se dessinent mes futurs personnages. Des personnages et des scènes y sont conçus instinctivement et sans contrainte, me permettant aussi de faire évoluer mon style. C’est dans cette liberté que je puise l’inspiration de mes albums.

Aurélie et la French-touch ?

J’ai été beaucoup influencée par le cinéma de Jacques Tati, ses personnages et ses ambiances. J’adore également les affichistes des années 50-60 pour leur efficacité visuelle, leurs couleurs franches. Les albums jeunesse de ces années-là ont aussi considérablement compté pour moi. Je m’inspire de ces univers, de l’impact graphique des affiches en y apportant du sensible et de l’affectif.

J’aime avoir un ton décalé, rigolo dans mes albums et le choix des objets est important. J’ai choisi une deux chevaux dans l’album « Papa à grand pas » reprise ensuite dans « Arthur et les gens très pressés », c’est exotique pour les enfants et un souvenir pour les parents, cela raconte déjà une histoire. Tu m’imagines dessiner une Clio ? (rires). Sérieusement, je pourrais dessiner une voiture très moderne si je voulais.

En Grande-Bretagne, on dit de moi que j’ai la “French-Touch” alors qu’en France, on dit que j’ai un humour anglais. Je résumerais cela en un style “Tati-British” ?

  Clavier ou papier ?
J’ai commencé mon activité d’illustratrice en traditionnel et depuis le début, je recherche une palette de couleur simple et vive. Avec le numérique, je peux m’affranchir de certaines contraintes pour obtenir des couleurs franches. Avec le numérique, il y a moins de mauvaises surprises, moins de décalage entre ce que je veux obtenir et l’impression. Je me concentre ainsi sur mon dessin que je continue à faire à la main et à travailler mes personnages pour qu’ils soient drôles et curieux, j’aime quand ils sont un peu décalés.
J’apporte ensuite de la matière pour effacer la froideur de l’outil ordinateur.
  D’objet déco à objet en bois ?
Avec Moulin Roty, j’expérimente le volume, mon univers illustré devient un objet. Les contraintes techniques m’obligent à l’efficacité, dans le choix des formes, celui des couleurs, sans oublier d’y apporter de l’affectif. Le travail est long, cela demande beaucoup de recherches et nécessite des maquettes en volume. Je travaille la forme de l’objet mais aussi son packaging, la couleur, la typo. L’identité graphique est importante.
  Raconte-moi une histoire ?
J’aime travailler avec les textes d’un-e auteur-trice qu’on me propose. En les lisant, je me raconte une histoire à moi-même et cela fait surgir les idées pour l’album. Je me dois d’être au service du texte mais j’y injecte mes goûts et mes envies. Mon style va varier selon l’ambiance et la tranche d’âge. Peut-être, au fur et à mesure que mon univers illustré s’étoffe, avec le temps, j’écrirai un jour une histoire ?
Merci Aurélie, à très vite !
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