Mettons-nous au vert !

« Vert luisant », « punaise verte », « vert Lincoln », « chlorophylle », « vert de rage », « arsenic », « vert kiwi », « vert lichen »… on replonge dans COLORAMA, le nuancier de Cruschiform (Pépite du livre illustré du Salon du livre et de la presse jeunesse 2017) pour un tour d’horizon verdoyant.

Le vert, c’est avant tout la nature, la liberté, ce qui est sauvage. Quelle autre couleur saurait si bien nous plonger dans le foisonnement d’une forêt ou recréer la douceur moelleuse de l’herbe ? Qui ne s’est jamais trouvé attiré par un livre à dominante de vert, comme poussé dans le dos par une brise vivifiante ?

Mais, là où il nous surprend, c’est que le vert peut aussi bien être surnaturel, bizarre, inquiétant. On me souffle dans l’oreillette que ce serait la couleur de Satan… c’est-à-dire qu’au Moyen Âge, il avait très mauvaise réputation : le vert-de-gris, pigment utilisé par les peintres, était aussi un poison.
 Plus saturé, posé en contraste avec une couleur chaude, il appartient aux êtres étranges, monstres, extraterrestres, zombies et chimères en tout genre. Oui, le vert est une couleur imprévisible !

« Ah. Le vert, en couverture de livre, il vaudrait mieux éviter… Ça porte malheur ! » – Quoi ??
 La superstition vient du théâtre, depuis la mort de Molière en costume vert. Mais en librairie ?
 Est-ce que cette couleur nous rappellerait les arbres sacrifiés pour le papier de nos livres ?
 Soyons clairs, le vert n’y est pour rien. On ne peut que l’aimer.